Le Congrès européen EUGMS s'est tenu à Lille du 16 au 18 septembre 2026.

À cette occasion, la SFGG a donné l'opportunité à 6 jeunes gériatres : Guillaume Besse, Ségolene De Champs De Saint Leger, Adrien Floury, Pierre Gay, Marie Louarne et Adrien Migeon, via une bourse dédiée, de participer à ce congrès.

Voici leur compte-rendu par écrit et par WhatsApp des posters, des symposiums et des sessions qui ont attiré leur attention.

Merci à eux pour ces précieux retours d'expérience.

Mercredi 16/10/2026

Is it ever too late ? What's the current evidence on Health Promotion in the oldest old ?

  1. Risque cardiovasculaire, Dr Serdar Ozkok :
    Pour décider de l’introduction ou de la poursuite d’un traitement à visée cardiovasculaire, il est nécessaire de prendre en compte l’indication du traitement, les facteurs de risque du patient, son âge biologique, son espérance de vie, la tolérabilité du traitement et les souhaits du patient.
  2. Dépistage des cancers, Dr Kaisa Schroderus :
    Le dépistage est justifié dans les cas où un diagnostic précoce permettrait un traitement efficace, chez un patient indépendant (qui préserverait ainsi son indépendance fonctionnelle), avec une espérance de vie > 5-10 ans, si la balance bénéfice/risque est en faveur du traitement.
    Il est recommandé de ne pas réaliser de screening en cas de comorbidité de pronostic sombre (y compris en cas de traitement optimal du cancer), de perte d’indépendance fonctionnelle, de balance bénéfice/risque en défaveur du traitement, de refus du patient, ou de troubles du jugement ne permettant pas une prise de décision éclairée.
  3. Age et vaccins, Dr Rui Buzaco :
    Les patients les plus âgés sont également les plus à risque d’infections aigues sévères, mais sont paradoxalement moins souvent inclus dans les études cliniques.
    Les derniers vaccins sont efficaces et sûrs chez les patients âgés, et permettent également de prévenir les complications des maladies infectieuses, notamment cardiovasculaires.
    La vaccination des patients les plus âgés est à considérer comme un investissement dans la préservation de l’autonomie.

Sexualité et vieillissement

Le maintien d’une vie sexuelle épanouie est une attente de plus en plus forte chez les personnes âgées d’aujourd’hui. Mais ces attentes se heurtent à l’âgisme et aux représentations sociales.
Les personnes âgées ne sont cependant pas toutes égales : l’impact des inégalités sociales s’estompe, mais le « gender gap » persiste.
L’invisibilisation de la sexualité est intériorisée chez les personnes âgées, et il est d’autant plus important pour nous soignants de faciliter le dialogue sur ces sujets.
Une question aborde d’ailleurs la vie sexuelle des résidents d’EHPAD. Le principal frein semblant être plus les résidents que le personnel soignant.
Quelques messages clés : ne supposons pas l’hétérosexualité de nos patients et l’âge n’est pas un déterminant d’une vie sexuelle épanouie.

Predicting dementia : the value of amyloid and other biomarkers, Dr Susan Shenkin

L’IWG définit en 2024 la maladie d’Alzheimer comme une entité clinico-biologique avec association de symptômes et de biomarqueurs. Un patient présentant des biomarqueurs positifs isolés est considéré comme asymptomatique, à risque de développer une maladie d’Alzheimer.
Il existe différents biomarqueurs biologiques : les dosages dans le LCR et bientôt dosages plasmatiques, l’imagerie structurelle (TDM, IRM) et l’imagerie fonctionnelle (PET amyloïde notamment). Ces dosages sont à interpréter avec prudence, en prenant en compte le patient dans sa globalité. La positivité d’un biomarqueur n’implique pas nécessairement l’entrée dans une pathologie neurodégénérative (environ 50 % de progression en troubles neurocognitifs majeurs à 3 ans chez les patients MCI)
Il est important de ne pas négliger l’intrication avec d’autres pathologies comme la microangiopathie, qui est fréquente.

Frailty, How to predict declining function?

Clinical Frailty Scale : when, where & how ? (Sara Hägg)

« Frailty reflects vulnerability arising from biological aging and loss of reserve »

La trajectoire d’évolution de la fragilité diffère en fonction du sexe biologique.
Une entrée plus précoce dans la fragilité est associée à un âge de décès plus jeune. Cependant, plus l’entrée dans la fragilité est tardive, plus son aggravation au cours du temps est rapide.

« Different frailty measures capture related but distinct aspects of frailty »

Comment mesurer la fragilité : 30 à 40 échelles de mesures disponibles
En clinique : Phénotype de fragilité (Fried), The FRAIL index, Clinical frailty scale (CFS)
En recherche : Frailty Index (Rockwood), Phénotype de fragilité (Fried), HFRS, Electronic Frailty Index

« CFS is often the most practical clinical tool, but its value depends on the clinical question and correct application »

Echelle rapide, intuitive, évaluable sans matériel
Signification clinique immédiate, validé en soins courants et en recherche.

Lessons from the INSPIRE cohort (Yves Rolland)

Cohorte INSPIRE-T (975 patients, 20-102y), IHU Toulouse
- Observation d’une diminution de la masse maigre à partir de 31 ans chez les femmes et de 55 ans chez les hommes.
- Analyse distributionnelle des capacités intrinsèques permettant de proposer un modèle de « courbe de décroissance » sur le modèle de courbes de croissance en pédiatrie et permettant une évaluation des capacités intrinsèques attendues selon l’âge et le sexe.
Les individus < 10ème percentile avait plus de comorbidités, de risque de dépendance ou de risque d’être fragile (FRIED)
- Perspective : Développement sur ce modèle de différentes « aging clock » basées sur les correspondances entre l’évolution des CI et un certain nombre de biomarqueur pouvant permettre d’anticiper une trajectoire clinique future (ex : DNA methylation clock)

Lessons from the BUTTERLFLY cohort (Ivan Bautmans)
Cohorte BUTTERFLY (évaluation / 6mois pendant 2 ans, > 80 ans, robuste et sans trouble cognitif à l’inclusion), Bruxelles
- La fragilité est un état dynamique ET réversible
- La multimorbidité n’est pas corrélée à la vitesse de marche
- La dysautonomie prédit la perte de fonction future par un phénomène de diminution de la vitesse de marche

What ages first : the brain or the legs?

« Gait is cognition » (Reto Kressing)
Il existe un continuum dans le phénomène d’altération de la cognition et d’altération de la marche.
Cette association s’explique notamment par la double localisation de l’activité cérébrale impliquant la marche (encéphalique et tronc cérébral)

« The MCR : Why chossing between fall and cogntive risk assessment » (Victoire Leroy)
Le concept de MCR « Motoric Cognitive Risk Syndrome » est défini par la combinaison d’une plainte cognitive et d’une vitesse de marche réduite (8% des adultes de plus de 75 ans).
Le MCR présente les intérêts suivants :
- Facile à utiliser en pratique clinique
- Associé significativement au risque de troubles cognitif majeur, de dépendance et de décès

« Gait speed is capital, but its variation is better to evaluate the dual task cost » (Manuel Montero Odasso)
Rappel de l’Intérêt majeur de l’épreuve de la marche avec double tache dans un bilan de la marche ou un bilan cognitif
La variabilité de la vitesse de marche en double tâche :
- Est un prédicteur fort du risque de chute
- Est également un prédicteur fort du risque de troubles cognitif majeur

Cardiac réhabilitation :

Les améliorations de la rééducation cardiaque sont majeures : réduction du risque cardio-vasculaire, d'infarctus et de mortalité.
Les patients progressent beaucoup grâce à la rééducation mais perdent leur progrès très rapidement à la sortie d'hospitalisation. Il faut donc trouver des solutions pour poursuivre la rééducation après.
Une solution qui paraît prometteuse est la télé-rééducation, qui apparaît comme au moins aussi efficace que le rééducation classique, grâce à la facilité de réalisation et donc à la fréquence qu'il est possible de pratiquer.

Insuffisance cardiaque :

Les traitements sont étudiés sur les populations générales mais sans études précises chez le sujet âgé. Il n'est donc possible que de réaliser des études post-hoc.
Il est retrouvé que les traitements classiques paraissent particulièrement efficaces chez le sujet âgé fragile. Cependant, les risques d'effets secondaires comme l'hyperkaliémie et l'hypotension sont sur représentés.
Attention aux bétabloquants chez le sujet âgé, les résultats montrent une majoration de la mortalité. Les GLP1 sont efficaces, et permettent de réduire la fragilité en favorisant la perte de poids. Il n'apparaît pas de franche majoration du risque de sarcopénie.

Jeudi 17/09/2026

Preventing multidrug-resistant infections in community and long-term care settings (Dr Sofie Jansen)

Les résidents en structure d’hébergement sont fréquemment porteurs de germes résistants (1/9 est porteur d’entérobactéries résistantes, 1/3 est porteur de SARM)
La transmission de ces germes est facilitée en hébergement par les faibles ratios de soignants par patients, avec une hygiène des mains parfois perfectible, aux environnements (salle de repas, WC) et activités partagées et aux prescriptions d’antibiotiques inappropriées.
Les pays du nord de l’Europe ont réussi à obtenir de faibles taux de germes résistants grâce à des politiques à plusieurs niveaux :

  • Nationales : de restriction de l’usage des antibiotiques (plus fort niveau de preuve)
  • Soins primaires : usage d’antibiotiques à spectre étroit en première intention, éducation de la population
  • En hébergement : hygiène des mains, rôle moteur de l’encadrement, dépistage lors des transferts

Advances in the treatment of insomnia in later life (Dr Marin Herceg)

La prise en charge de l’insomnie du patient âgé repose sur 3 grands axes :

  1. En 1ère intention : la thérapie cognitivo-comportementale, bons résultats à long termes, mais difficultés d’accès.
  2. En seconde intention, les thérapeutiques médicamenteuses :
  • Éviter les benzodiazépines, les hypnotiques apparentés et les antihistaminiques
  • La mélatonine est indiquée pour les troubles de l’endormissement.
  • Les DORAs (Dual Orexin Receptor Antagonist) sont indiqués chez les patients présentant des troubles de l’endormissement et du maintien du sommeil (Mignot et al., Lancet Neurology, 2022). Avantages : préserve l’architecture physiologique du sommeil, pas de risque de tolérance/dépendance/mésusage. Inconvénients : effets indésirables à type de somnolence diurne et de rêve anormaux, prix élevé.

Short Poster Presentation 1B

Matthieu de Stampa présente une revue systématique avec méta-analyse évaluant l’impact des d’IPP au long cours sur le risque de fracture de l’extrémité supérieure du fémur. Parmi 11 études (d’hétérogénéité élevée, I2 = 92 %), le risque relatif combiné de fracture de hanche est multiplié par 1,4 chez les patients traités par IPP. Parmi les pistes d’explications, il est suggéré une diminution de l’absorption du calcium et des biphophonates oraux.

Sigrid Janssens rappelle l’ampleur de la sous-prescription des traitements anti-ostéoporotiques. Il s’agit d’une étude de cohorte (registre Belge) incluant plus de 7 000 patients (moyenne d’âge 85 ans) et ayant subi une fracture ostéoporotique. À 1 an de la fracture, seuls 17 % des patients survivants ont reçu un traitement anti-ostéoporotique ! L’âge ≥ 90 ans est un facteur de risque de non-prescription.

Karen Andersen-Ranberg: The ageing world: Centenarians on the rise

La Pr Karen Andersen-Ranberg de l’Université du Danemark livre une conférence plénière passionnante au sujet des centenaires, en tant que sous-groupe spécifique de la population gériatrique. Le nombre de centenaires s’est accru de façon exponentielle ces dernières décennies. En France, on en dénombre 30 000, et les estimations sont de plus de 200 000 dans les années 2070. Les centenaires ont une survenue retardée des pathologies à haut risque de mortalité comme les AVC, les infarctus du myocarde ou les fractures de hanche. Les facteurs les plus associés à la longévité sont le statut fonctionnel (ADL) et le niveau de performance physique et cognitive. La comparaison des cohortes de centenaires des dernières décennies montre, à âge équivalent, un meilleur statut fonctionnel (ADL) et cognitif chez les dernières générations de centenaires, et des comorbidités toujours plus nombreuses (un tiers des centenaires ont au moins 10 comorbidités). Enfin, les principales causes de mortalité sont les causes cardiovasculaires et les pneumonies, loin devant les cancers (< 5 %).

Étude Robust

La perte des capacités fonctionnelles lors d'événements aigus et des hospitalisations est une problématique majeure chez le sujet âgé. La très grande majorité des interventions étudiées ne montrent qu’une efficacité partielle.
L'étude Robust a étudié l'effet d'une assistance robotique (bras mécanique), dans le cadre d'une rééducation directement au lit du malade, en comparant un groupe avec mobilisation passive et un groupe avec mobilisation active.
Les résultats montrent une efficacité majeure de la rééducation avec une récupération des capacités même au-delà des capacités fonctionnelles pré-hospitalisation dans les deux groupes, sans différence significative dans les deux groupes.
Le projet est très prometteur en raison d'une compliance importante (rééducation au lit malgré un fréquence des sessions élevées (2 par jour), d'une excellente satisfaction des participants et d'un faible coût (1500€ par mois)

Session : Older patient ICU pathway

On observe une forte hétérogénéité de prise en charge entre les pays européens concernant l’utilisation des services de réanimation chez les patients les plus âgés. Contrairement aux patients plus jeunes, il existe un très grand niveau d’incertitude sur le devenir des patients >80 ans

How can we determine which old patient will be benefit from an ICU admission
S’appuyer sur les dernières recommandations de l’ESCIM publiées en 2025 à ce sujet :

  • L’âge chronologique seul ne peut pas être considéré comme un critère suffisant pour motiver une décision de non-admission.
  • La décision d’une admission doit être évaluée en fonction du gain attendu, dépendant de chaque situation et de chaque patient.
  • L’évaluation des patients doit s’appuyer sur la présence de comorbidités, du niveau de fragilité (e.g. CFS) et de la sévérité de la défaillance d’organe.
  • Les préférences des patients doivent être recueillies autant que possible et considérées comme un argument majeur de la décision.
  • La solution de réanimation d’attente (absence de limitation dans les premiers jours de prise en charge avant une nouvelle évaluation du projet de soins) ainsi que l’utilisation de l’USC dans les situations appropriées doivent être considérées comme des alternatives à une décision binarisée de non admission en réanimation.

The goal for an old patient with acute organ failure is to restore its previous functional and cognitive status, to avoid readmission, to keep a good quality of life, a dignified closure while preserving the family wellbeing:
La mortalité à 1 an après une admission en réanimation est estimée à 50%
La préservation des capacités fonctionnelles antérieures ne concerne que 50% des survivants.
Et concernant la qualité de vie ?

  • En Espagne : Les composantes physiques et psychologiques du score SF-36 chez des survivant à la réanimation étaient comparable à la population générale espagnole du même âge.
  • En France : Le score EQ5D mesuré à 3 mois d’une sortie d’un service réanimation après une prise en charge dans une filière gériatrique était également similaire aux valeurs moyennes de la population française du même âge.

Delivered care aligned with patients choices and avoid assumptions based on identity
Les choix individuels ne reflètent pas toujours les valeurs universelles ou les normes sociales.
Les aspirations personnelles des patients ne sont pas associées aux principaux marqueurs pronostiques en réanimation (âge, fragilité, comorbidité) mais à des facteurs comme la pratique religieuse ou des expériences passées.
Selon une étude japonaise sur les personnes âgées, leurs préoccupations majeures sont le fardeau pour les proches (77 %) et l'impact financier (75,7 %). L'espérance de vie restante n'arrive qu'en retrait (45,7 %)

Décisions de fin de vie

En soins palliatifs comme en gériatrie, les soignants sont régulièrement confrontés à des décisions difficiles, mettant en jeu des questionnements éthiques.
Il est essentiel de prendre le temps de demander à chaque personne ce qu’elle souhaite, de comprendre ses croyances et ses valeurs, sans faire de suppositions liées à sa culture. Les décisions éthiques doivent être construites dans le dialogue, en partageant les informations et en tenant compte des besoins et des choix de chacun.

La prise en charge des symptômes en fin de vie chez les personnes âgées ne fait actuellement pas l’objet de recommandations spécifiques. À travers deux vignettes cliniques, une équipe belge a montré que les médicaments utilisés pour soulager des symptômes tels que la douleur, la dyspnée ou l’anxiété sont globalement similaires dans les différents pays européens. Cependant, les doses administrées varient considérablement d’un pays à l’autre. Ces différences soulignent l’importance d’élaborer des recommandations précises et adaptées aux personnes âgées afin d’harmoniser et d’améliorer leur prise en charge en fin de vie.

Vendredi 18/09/2026

What should we expect after delirium?

Dr Florence Gerakios présente ses travaux sur les sous-types de syndrome confusionnel. La définition habituelle du syndrome confusionnel est une perturbation aiguë de l’attention, de la vigilance et de la cognition. On distingue ensuite, selon les symptômes psychomoteurs, les formes hyperactive, hypoactive, et mixte. Cette classification ne tient pas compte de l’hétérogénéité des symptômes constituant le syndrome confusionnel, et cela pourrait participer à son sous-diagnostic. 3 études de cohortes prospectives ont été menées (DELIRIUM-PD, DECIDE, et DETERMINE-PD), avec l’objectif de constituer des sous-types homogènes de patients à partir des symptômes présentés. Les domaines étudiés sont l’attention, la vigilance, la cognition (dont l’orientation, la mémoire, et le langage), les troubles neuropsychiatriques (hallucinations, délire), et les fluctuations. À partir de ces observations, 3 sous-types de syndrome confusionnel sont décrits selon les symptômes discriminants :

  • La confusion alerte (“Alert class”), caractérisée par l’hypervigilance. Les patients présentent habituellement peu de troubles neurocognitifs sous-jacents ;
  • La confusion neuropsychiatrique (”Neuropsychiatric class”), caractérisée par les hallucinations, les délires ou la détresse psychique. Les patients y sont plus jeunes, la maladie de Parkison y est là plus fréquente ;
  • La confusion somnolente (“Drowsy class”) caractérisée par la léthargie. Les patients y sont les plus âgés, les troubles neurocognitifs majeurs les plus fréquents.

D’un point de vue pronostique, la mortalité à 1 an est nettement supérieure dans la confusion somnolente (60 %) vs. la confusion alerte (15 %). De même, le risque d’institutionnalisation à 1 an est près de 20 fois supérieure dans les suites d’une confusion somnolente vs. alerte.

Health, frailty, burden of natural caregivers

D’un point de vue épidémiologique, il existe un écart croissant entre les « besoins » en aidants informels du fait du vieillissement de la population et « l’offre » du fait d’âge de départ en retraite plus rapide, d’une baisse de la fertilité, de l’isolation sociale, de la multiplicité des besoins en soin (parents vs enfants/petits-enfants). La majorité des aidants informels sont des femmes de plus de 45 ans, de niveau socio-éducatif élevés.
Il a été démontré que le statut d’aidant informel peut avoir un impact négatif :

  • Physique (sommeil, immunité, perte de poids, complications cardiovasculaires, mortalité)
  • Émotionnel (stress, anxiété, dépression, irritabilité, suicide)
  • Social (interférence avec les liens familiaux, sociaux, les obligations professionnelles, isolement)
  • Financier (achat d’outils ou perte de revenus en lien avec la réduction du temps de travail)
    Les facteurs de risque de fardeau sont :
  • Démographiques (sexe féminin, bas niveau socio-éducatif, co-habitation avec le patient « aidé »)
  • Psychosociaux (dépression, isolement social, manque de stratégie de coping)
  • Contextuels (temps passé à prodiguer les soins, fardeau financier, absence d’alternatives, impossibilité à maintenir un emploi)
  • Liés au patient « aidé » (présence de troubles psycho-comportementaux ou neurocognitifs, dépendance sévère, âge avancé)

Le fardeau de l’aidant est mesurable par l’échelle de Zarit.

Integrating care for older adults with psychiatric and somatic disorders

La psychopathologie et la fragilité sont étroitement liées, avec une association bidirectionnelle entre les troubles psychiatriques (dépression et anxiété) et la fragilité. En effet, certains symptômes dépressifs, tels que la fatigue ou l’anorexie, se chevauchent avec les critères de fragilité, ce qui peut conduire à un sous-diagnostic de la dépression chez les patients fragiles. Par ailleurs, même lorsque la dépression est diagnostiquée, les patients fragiles semblent être moins susceptibles de recevoir un traitement antidépresseur adapté (ISRS).
Il existe également un lien entre épisodes dépressifs et troubles neurocognitifs. Une des hypothèses physiopathologiques repose sur l’augmentation d’un stress cérébral prolongé lors d’un épisode dépressif, entraînant une élévation du cortisol et un stress oxydatif, pouvant favoriser la mort neuronale et ainsi augmenter le risque de troubles neurocognitifs. À l’inverse, une prise en charge adaptée de la dépression pourrait contribuer à retarder l’apparition des troubles cognitifs.

Beyond infectious diseases in older individuals: non-infectious complications

Le symposium sur les complications non infectieuses des infections nous apporte des arguments supplémentaires pour la prévention des infections.
La grippe, les pneumonies aiguës communautaires et le zona exposent à un déclin fonctionnel et une diminution des ADL ; cet impact est d’autant plus important aux âges les plus avancés. Après une endocardite infectieuse, on constate une récupération à 3 mois sur les ADL, cette donnée étant cependant à pondérer par le taux élevé de mortalité à court terme.
L’étude AEQUI a quantifié la qualité de vie, la fragilité et l’autonomie chez des patients de plus de 65 ans après hospitalisation pour infection. Ces paramètres sont altérés à court terme mais la différence entre patients infectés et témoins devient non significative à 6 mois. La prise en charge précoce de la perte fonctionnelle, dès la phase aiguë, semble primordiale dans le pronostic fonctionnel.
Les principaux impacts à long terme des infections ou réactivations virales (grippe, VRS, zona) sont d’ordre cardiovasculaire et cognitif.
Le sepsis a également un impact cognitif à court et long terme. Le syndrome confusionnel peut devenir persistant et se confirmer en trouble neurocognitif majeur, chez des patients préalablement concernés par des maladies neurodégénératives cliniquement non décelées. Cette dégradation cognitive repose de la neurotoxicité directe mais aussi sur l’inflammation et la dysfonction vasculaire systémiques.
Les effets bénéfiques des vaccinations VZV et grippe sur les critères cardiovasculaires sont de mieux en mieux démontrés. L’association entre ces vaccins et la réduction des troubles neurocognitifs est démontrée mais le lien de causalité doit encore être prouvé dans des études dédiées.

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