Le 13 janvier, l'Académie de Médecine dévoilait le rapport "Approche clinique de la longévité en bonne santé".
Le Pr Bruno Vellas en est le rapporteur.

 

Qu'est-ce que l’approche clinique de la longévité en bonne santé de l’Académie Nationale de Médecine ?

Les seniors qui partent actuellement à la retraite ont tous vécu la dépendance chez des proches, mais savent aussi qu’ils peuvent bien vieillir. Il existe donc une demande importante de sorte que se sont créées, rien que l’an dernier, plus de 1000 consultations de longévité dans le monde, et cela en dehors de tout cadre académique. Le rapport de l’Académie Nationale du Médecine apporte pour la première fois un cadre académique de ce qui nous semble raisonnable et nécessaire de proposer pour une longévité en bonne santé. Le but n’est pas d’augmenter la longévité mais de faire en sorte que les 30 ans que nous avons gagné en moyenne après 60 ans, se fassent de façon autonome selon la définition de l’OMS du bien vieillir, c’est-à-dire pouvoir continuer à faire qui est important pour chacun d’entre nous.

 

Que préconise ce rapport ?

Ce rapport préconise de maintenir la capacité intrinsèque, c’est-à-dire nos fonctions pour continuer à faire ce qui est important pour chacun d’entre nous, en suivant, notamment le programme Icope de l’OMS. La médecine actuelle s’intéresse à la perte de la fonction quand on l’a perdue suite à une fracture par exemple. Ici, le but est de conserver nos réserves (vue, audition, mobilité…) pour justement qu’une fracture n’arrive pas, de permettre le diagnostic précoce des pathologies qui peuvent bénéficier de thérapeutique efficace et mettre en place une couverture vaccinale optimale. Enfin, développer la recherche dans le domaine de la géroscience sur l’âge biologique et la mise en place de géroprotecteur mais sans faire de recommandations cliniques à ce stade.

 

Où en est-on en effet dans les progrès la géroscience?

Les progrès de la géroscience sont actuellement très rapides du fait d’investissement majeur dans ce domaine - notamment l’Omics et de l’intelligence artificielle. Nous pensons que nous aurons bientôt des biomarqueurs afin de mesurer l’âge biologique et une meilleure compréhension des effets de la biologie du vieillissement dans la genèse des pathologies. Cela va déboucher sur des biomarqueurs avec des thérapeutiques nouvelles, le rapport recommandant de développer la recherche, mais à ce stade aucun de ces marqueurs n’est suffisamment validé pour entrer dans la pratique clinique courante.

 

 Allez plus loin : 
- Consulter l'actualité "« Vieillissement : comment la géroscience espère changer la donne » (ITV Pr Yves Rolland)"
- Consultez les autres rapports / études de la SFGG