Passé l’âge de la retraite, la plupart des personnes ont tendance à moins bien s’alimenter en diminuant les quantités de manière trop importante et en réduisant la diversité de leur alimentation, avec en général moins de viandes, de poissons, d’œufs ou de laitages et moins d’aliments gras. Beaucoup de séniors pensent qu’une simple soupe ou des plats ‘pauvres’ sont mieux adaptés à leur âge : c’est une erreur !

 

Une alimentation riche, complète et diversifiée est à la base d’un bon vieillissement. C’est justement à cette période de la vie où l’on dispose de plus de temps libre qu’il faut redonner une place centrale à son alimentation en prenant le temps de mieux choisir ses aliments, faire le marché, cuisiner et passer du temps à table, tout en se faisant plaisir.

 

« En France au cours des 60 dernières années, les hommes comme les femmes ont gagné 14 ans d’espérance de vie en moyenne. C’est presque un record et ce chiffre pourrait faire rêver, mais les dernières années de vie ne sont pas toujours roses pour nos aînés » rappelle le Dr Olivier Henry, président de la SGGIF.

 

Aujourd’hui il y a de moins en moins de gériatres alors qu’il en faut de plus en plus. La seule solution qui s’offre à nous est d’informer les gens de les former aux mesures pour bien vieillir ». Ainsi cette campagne sur la nutrition en tant que prévention du bien vieillir se propose de donner de précieux conseils sur comment se nourrir et quels aliments choisir.

 

Selon le Dr Jean-Marie Bourre, spécialiste en nutrition, « le choix des aliments compte tout autant que le rythme des repas qui doit être régulier. Le plus exigeant et le plus important de nos organes, le cerveau, a besoin d’au moins une quarantaine de substances alimentaires indispensables que notre corps ne sait pas élaborer lui-même : 13 vitamines, une quinzaine de minéraux et oligoéléments, 10 acides aminés, un acide gras Oméga 6 et deux acides gras Oméga 3. Notre cerveau est l’organe le plus gras de notre corps, et il a besoin de lipides et de ‘bon gras’ de toute sorte. Il a également besoin de protéines alimentaires de qualité, animales d’abord - œuf, lait, viande, poisson -, combinées à des protéines végétales. Enfin il a besoin de beaucoup de glucides, des sucres, car notre cerveau monopolise 40% de la ration glucidique journalière. Et le cerveau prend une bonne dizaine de jours pour s’alimenter. Les dix jours sur lesquels doit s’établir, à peu près, l’équilibre alimentaire chez chacun d’entre nous.»

 

 

Idées reçues sur la nutrition

 

Depuis plusieurs décennies on dit qu’il ne faut pas manger de gras au profit des sucres lents (riz, pâtes). Du coup la ration de gras a diminué pour être largement inférieur dans la population aux 35% préconisé par l’OMS.

On parle beaucoup aujourd’hui de la malnutrition de la personne âgée.

Selon le Dr Olivier Henry, « en France nous sommes dans les derniers pays dans l’apport des Oméga 3 (qui se trouve dans les poissons, dans les fruits et légumes et dans l’huile de colza).

On a cependant réussi à corriger la carence des gens âgés hospitalisés à 35% soit avec des Oméga 6 (huile tournesol ou huile de colza). Mais le reste de la population âgée doit, seule, augmenter cet apport. »

 

Le gras a aussi la vie dure : il faut manger du gras !

« Il faut savoir quand on ne mange pas suffisamment de gras on le fabrique - des Oméga 7 et 9 - mais ceux-ci peuvent avoir une toxicité cardiovasculaire et constituer ainsi du mauvais gras. » d’autant que « Après 80 ans il vaut mieux avoir un léger surpoids car le corps est mieux armé pour affronter les maladies chroniques » (le gras fut l’un des sujets de la campagne 2018 sur « La diététique du cerveau » du Dr Jean-Marie Bourre).

Aujourd’hui les gens sont carencés en tout. Une rééducation alimentaire permet de corriger ces carences.

 

Nutrition et séniors, quelques conseils pratiques pour bien vieillir :

  • manger des fruits et légumes
  • manger du gras
  • réhabiliter les produits laitiers
  • réhabiliter les œufs parce que cholestérol oui mais on s’en fout
  • réduire le sel