Après les fortes chaleurs de juin et juillet, la Société Française de Gériatrie et Gérontologie (SFGG) dresse un premier bilan. Son enquête nationale met en évidence des locaux encore mal adaptés à la chaleur et des parcours de soins fortement sous tension.
Une mobilisation immédiate
Pendant la crise, les professionnels de la gériatrie se sont rapidement organisés pour :
- Recueillir les retours du terrain et documenter les conséquences de la canicule, notamment la surmortalité,
- Mener une enquête nationale dans 82 unités de gériatrie aiguë et 25 services de soins médicaux et de réadaptation, représentant au total plus de 3000 lits,
- Mettre en place une cohorte de patients touchés par la chaleur afin de mieux comprendre leurs besoins et d’améliorer leur prise en charge lors de prochains épisodes.
Cette mobilisation confirme la capacité des équipes à agir vite. Elle montre aussi que leur réactivité ne peut, à elle seule, compenser des difficultés structurelles anciennes.
Deux constats préoccupants
Des bâtiments insuffisamment adaptés : plus de 70 % des chambres de patients et des locaux professionnels recensés étaient exposés à une chaleur anormale.
Des parcours de soins bloqués : dans 90 % des services, l’offre de soins médicaux et de réadaptation était jugée insuffisante. Ce manque de solutions en aval retarde les transferts et fragilise l’ensemble du parcours hospitalier des personnes âgées.
De nombreux établissements ont trouvé des solutions en urgence, mais ces adaptations ponctuelles ne peuvent remplacer une politique durable de préparation aux crises sanitaires.

Quatre mesures à engager sans attendre
- Associer systématiquement les gériatres aux décisions concernant les personnes âgées. La SFGG demande à être associée à toute étude, recommandation ou réflexion nationale sur les parcours de soins des personnes âgées. Leur fragilité, leurs maladies multiples, leur perte d’autonomie et la complexité de leur accompagnement nécessitent une expertise gériatrique spécifique, au-delà de la seule prise en charge aux urgences.
- Lancer un plan d’adaptation des établissements aux fortes chaleurs. Plus de 70 % des chambres de patients et des locaux professionnels recensés ont été exposés à des températures anormalement élevées. La SFGG demande d’identifier les bâtiments les plus vulnérables et de programmer rapidement les travaux nécessaires dans les chambres, les espaces communs et les locaux des soignants.
- Redimensionner les filières gériatriques en fonction des besoins réels. Dans 90 % des services interrogés, les capacités de soins médicaux et de réadaptation étaient jugées insuffisantes, retardant les transferts et contribuant à l’engorgement hospitalier. La SFGG appelle à une évaluation nationale, territoire par territoire, fondée sur la démographie des personnes âgées, la complexité de leurs besoins et la réalité de leurs parcours, afin d’adapter le nombre de lits et les capacités d’accueil.
- Adapter les effectifs soignants à la complexité croissante des patients âgés. Les équipes prennent en charge des patients de plus en plus fragiles, souvent atteints de plusieurs maladies et confrontés à une perte d’autonomie. La SFGG demande des ratios de professionnels adaptés à cette charge de soins et des mesures renforçant l’attractivité des métiers de la gériatrie. Sans effectifs suffisants, il est impossible de garantir la qualité des soins et la fluidité des parcours.
Les personnes âgées figurent parmi les principales victimes des canicules et des crises sanitaires. Pour la SFGG, mieux préparer les établissements et renforcer les filières gériatriques est indispensable pour garantir des soins sûrs et fluides lors des prochaines crises.


