Une définition du bien vieillir reconnue internationalement : selon l'OMS, bien vieillir, c'est conserver ses fonctions pour pouvoir continuer à faire ce qui est important pour chacun d'entre nous — source de bien-être, de solidarité et de croissance.

Nous subissons aujourd'hui les conséquences d'une prévention insuffisante sur la longévité en bonne santé : dysfonctionnements, dépendance et coûts qui en découlent. Cette prévention est pourtant possible à tous les âges de la vie. La cinquantaine apparaît comme une période charnière, associant à la fois une montée des risques et une prise de conscience favorable à l'adhésion à la prévention.
Avec 30 % de notre vie vécue après 60 ans, avec un coût annuel de la perte d'autonomie estimé à 30 milliards d'euros, et des écarts d'espérance de vie en bonne santé dépassant dix ans selon le niveau socio-économique, le vieillissement en bonne santé n'est pas une question médicale parmi d'autres : c'est un défi de société, une question de justice, et une opportunité pour notre pays.
La longévité en bonne santé est à portée de main.

 

 

Comment bien vieillir en France ?

La France dispose d'un atout que peu de pays peuvent revendiquer : une belle histoire de la médecine, des professionnels de santé engagés mais aussi l’IHU HealthAge de Toulouse et à travers lui, le programme ICOPE de l'OMS, déployé chez nous à grande échelle, et déjà suivi par plus de 120 000 personnes. D’ici 2030, ce seront 2 millions de nos concitoyennes et concitoyens qui auront testé leurs capacités. Au-delà des chiffres, ICOPE incarne un changement de paradigme : passer d'une médecine curative à une médecine préventive, d'une prise en charge réactive à une anticipation structurée, d'une prévention réservée aux mieux informés à une prévention universelle.

 

LE SOMMET DE LA LONGÉVITÉ

Le Sommet de la Longévité (consultez le rapport) a réuni les principaux acteurs médicaux, scientifiques et industriels afin de réfléchir comment faire de la France un leader sur la longévité en bonne santé pour les années à venir, est une nouvelle illustration de cette dynamique.

 

Les avancées de la science du vieillissement sont réelles :

  • Un outil de mesure clinique validé : la capacité intrinsèque (vision, audition, mémoire, état psychique, vitalité, mobilité.)
  • Un programme opérationnel en soins primaires : le programme ICOPE de l'OMS, dans lequel la France est en avance sur de nombreux autres pays. Il permet de maintenir la capacité intrinsèque de façon personnalisée, via des outils numériques gratuits comme ICOPE Monitor.
  • Des programmes de recherche d’envergure en géroscience : la géroscience repose sur le principe que le vieillissement biologique constitue un déterminant majeur du risque de nombreuses maladies chroniques, et qu’il est possible d’agir sur ce processus afin d’en retarder ou d’en atténuer les manifestations pathologiques. Dans cette perspective, des programmes de recherche de grande envergure visent à caractériser les mécanismes biologiques du vieillissement — notamment à travers la mesure de l’âge biologique — et à comprendre leur rôle dans la survenue des pathologies liées à l’âge, afin d’améliorer leur prévention et leur prise en charge.
  • Une pipeline thérapeutique en développement : de grands centres de recherche (Calico, Altos) ainsi que des industriels du médicament (AbbVie, GSK, AstraZeneca, Lilly, Novartis) ont d'importants programmes de géroprotecteurs en développement, ciblant l'inflammation, les cellules sénescentes, la mitochondrie et l'autophagie.
  •  Un changement de paradigme médical : traditionnellement, la médecine commence lorsque la maladie apparaît. Mais la biologie nous raconte une autre histoire : le déclin fonctionnel débute 10 à 20 ans avant l'apparition clinique des maladies. La trajectoire du vieillissement suit un pic de capacité intrinsèque entre 20 et 40 ans, un déclin biologique et fonctionnel entre 40 et 60 ans, l'apparition des maladies cliniques entre 60 et 80 ans, et le handicap et la fragilité après 80 ans.
  • Le rapport de l'Académie nationale de médecine (janvier 2026) apporte pour la première fois un cadre académique pour l'approche clinique de la longévité en bonne santé.
  • Un signal d'espoir mesurable : les personnes qui ont 70 ans aujourd'hui ont la capacité intrinsèque de personnes qui avaient 60 ans il y a dix ans à peine. On peut raisonnablement penser que d'ici dix ans, les personnes qui auront 80 ans auront la capacité intrinsèque de personnes qui avaient 60 ans aujourd'hui - ce qui représenterait un changement considérable pour notre société

 

52 experts issus du monde académique, clinique, institutionnel, associatif et industriel ont répondu à une question commune : quelle est l'action la plus pertinente et réalisable, dans leur domaine, pour permettre au plus grand nombre d'accéder à une longévité en bonne santé ?

  1. Inscrire la prévention pour une longévité en bonne santé dans l'ensemble du parcours de vie
    - Créer un enseignement « Vivre et vieillir en bonne santé » dans les programmes scolaires
    - Instituer un « temps prévention » dans le monde professionnel
    - Proposer un bilan de longévité en bonne santé à partir de 50 ans
    - Constitution d’ un « capital prévention longévité »
  1. Déployer massivement le programme ICOPE sur l'ensemble du territoire
  2. Formation : adapter la formation des professionnels de santé (aujourd'hui, la géroscience, la capacité intrinsèque, la prévention du déclin fonctionnel et les outils du vieillissement en santé restent largement absents des cursus médicaux et paramédicaux. Les professionnels de terrain — médecins généralistes, infirmiers, pharmaciens, kinésithérapeutes — ne disposent pas systématiquement des compétences et des outils pour porter une démarche préventive structurée.)
  3. Investir dans la recherche en géroscience et valider les biomarqueurs de la capacité intrinsèque et vieillissement
  4. Changer l’image culturelle et sociétale du vieillissement tout en réorganisant les soins autour de la longévité en santé

 

Conclusion

La géroscience a profondément renouvelé notre compréhension du vieillissement : nous savons que le déclin fonctionnel débute dix à vingt ans avant l'apparition clinique des maladies, que la capacité intrinsèque est mesurable et que son maintien est possible, que des biomarqueurs du vieillissement biologique sont à portée, et que des interventions validées — nutritionnelles, physiques, vaccinales — peuvent modifier durablement les trajectoires individuelles.

Les outils sont prêts.
Le programme ICOPE est opérationnel et déployé sur plus de 120 000 personnes en France.

La volonté collective est réelle. Jamais autant d'acteurs n'ont convergé avec une telle clarté vers un même objectif : passer d'une médecine de la maladie à une médecine de la santé, d'une prévention trop souvent réservée aux plus favorisés à une longévité en bonne santé accessible à tous.

L'ambition du Sommet de la Longévité du 20 mai 2026 est précisément de franchir le seuil qui sépare la connaissance de l'action. Il ne s'agit plus de répéter des constats — ils ont été faits. Il ne s'agit plus d'appeler à la recherche — elle progresse. Il s'agit de traduire cette convergence en engagements concrets : généraliser le programme ICOPE sur l'ensemble du territoire, créer les conditions réglementaires et financières favorables à la validation des biomarqueurs du vieillissement, développer les cliniques universitaires de la longévité, réformer la formation des professionnels de santé, et inscrire la prévention du vieillissement comme une priorité collective durable.

Avec 30 % de notre vie vécue après 60 ans, avec un coût annuel de la perte d'autonomie estimé à 30 milliards d'euros, et des écarts d'espérance de vie en bonne santé dépassant dix ans selon le niveau socio-économique, le vieillissement en bonne santé n'est pas une question médicale parmi d'autres : c'est un défi de société, une question de justice, et une opportunité pour notre pays.

Bien vieillir n'est plus un privilège. C'est un droit. Et les moyens d'en faire une réalité pour tous existent.

Allez plus loin : 
- Consultez le rapport du Sommet de la Longévité