L’isolement

 

Le maintien du lien social est déterminant pour assurer la qualité de vie au cours de l’avancée en âge. Selon le baromètre des Petits Frères des Pauvres, 530 000 personnes âgées sont en situation de « mort sociale », car elles ne rencontrent jamais ou rarement d’autres personnes (2021). Ces personnes souffrent d’un sentiment de solitude qui est un ressenti négatif vis-à-vis de l’isolement.

Le risque de mortalité lié à la solitude est comparable à celui de l'obésité et du tabagisme. La solitude persistante est en outre associée à des problèmes mentaux et à de mauvaises performances cognitives. L’isolement et la solitude sont des facteurs de risque de maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer. La crise sanitaire a réactivé les signaux d’alerte déjà observés lors de la canicule de 2003.

 

Nos solutions

  • Le repérage des personnes âgées isolées est déterminant et demande à être intensifié.  Il s’agit d’aller vers ces personnes qui ne sont pas en capacité de venir vers les structures sanitaires, sociales et médico-sociales habituelles.
  • La formation des professionnels à cette thématique doit être accentuée.
  • Une action sociale prioritaire en réponse à « cette mort sociale », avec un déploiement affirmé du service civique.
  • Cibler le maintien à domicile non seulement en termes de soins, mais également avec un accompagnement permettant, par exemple, d’aider dans les démarches administratives, les déplacements nécessaires, etc.
  • Favoriser les solutions intergénérationnelles telles que la collocation ou la cohabitation avec des étudiants, avec des aides financières mais aussi logistiques.
  • Les stratégies mises en place doivent être évaluées pour diffuser celles qui sont efficaces.

 

La précarité

Moins de 1000 euros par mois pour une personnes de 65 ans au minimum vieillesse, 1423 euros pour un couple (source www.aide-sociale.fr), arrêtons de croire que les personnes âgées ont les moyens ! A partir de 60 ans près d’un foyer sur 10 est au seuil de pauvreté (1 102 euros par mois pour une personne vivant seule) selon l'Observatoire des Inégalités en janvier 2021 avec de grandes hétérogénéités selon les territoires.

Comment assurer le paiement du loyer, des factures indispensables (énergie, téléphone), des soins et continuer à remplir son réfrigérateur ?
La précarité des personnes âgées a augmenté, comme dans toutes les tranches d’âge, mais avec en plus un état de santé plus altéré et des surcoûts obligatoires qui impactent leur qualité et vie.

La précarité n’est pas que financière. La précarité, c’est la perte d’une sécurité entraînant une incertitude quant à la stabilité de sa situation dans le futur. La perte d’un salaire provoque une précarité financière. La perte de son conjoint entraîne une précarité sociale et familiale. La perte de sa capacité à remplir les formalités (déclaration de revenu, renseigner les documents pour l’assurance, etc.) engendre une précarité administrative. Le fait de ne plus pouvoir conduire sa voiture induit une précarité en termes d’autonomie de déplacement… Malheureusement, les personnes âgées sont confrontées à toutes ces précarités qui peuvent se cumuler.

Les logements sont parfois vétustes et inadaptés à leurs capacités restantes avec un risque plus important de chutes et de fractures graves.
La pandémie a accentué les conséquences médico-psycho-sociales chez les personnes âgées isolées et/ou précaires avec l’apparition de difficultés à réaliser les gestes de la vie courante, la survenue d’une dépression, de repli sur soi, d’anxiété, de troubles du sommeil et de renoncement aux soins…
Ce sujet demande de revoir le minimum vieillesse et l’organisation des aides dans le cadre du virage domiciliaire.

 

L’illectronisme

La fracture numérique est une réalité pour les personnes âgées dans un monde où le numérique est devenu un usage quotidien pour toutes les démarches, voire dans certains cas sans alternative.

Rapport de l’INSEE (octobre 2019) : 1 personne sur 6 utilise Internet et plus d’un usager sur 3 manque de compétences numériques de base. Les personnes âgées peu diplômées et dont le niveau de vie est modeste disposent moins souvent d’un accès personnel Internet. Ainsi 53 % des 75 ans et plus n’ont pas d’accès Internet. 15 % de la population n’utilise pas Internet dont 64 % des 75 ans ou plus. Il existe souvent un cumul précarité et illectronisme.
À cela, il faut ajouter des disparités territoriales accentuées par des zones blanches ou mal couvertes par Internet.

 

Nos solutions

  • Construire une politique inclusive en respectant les directives réglementaires
  • Repérer les personnes en situation de difficulté
  • Faire évoluer les pratiques de formation, de coaching et d’accompagnement
  • Des actions conduites à proximité des personnes par les municipalités et les associations

 

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